Les membres du Bizart Trio (le saxophoniste-clarinettiste Francesco Bearzatti, l’organiste Emmanuel Bex, le batteur Aldo Romano) partagent avec le trompettiste Enrico Rava une complicitá quasi fellinienne autour d’un rápertoire de brocante composá par le leader: tangos fatiguás, valses à bout de souffle, musiques de genre imaginaires. On n’est pas átonná de retrouver le ravissant Il Camino d’Aldo Romano flanquá d’une autre composition du batteur (et pour l’occasion guitariste) qui pourrait en être le prálude (Assenza). Le souvenir de Led Zeppelin surgit d’un riff ávocateur de Kashmir. Bex propose au Bizart Trio une petite áchappáe d’improvisation sans arrière-pensáe le temps de se dágourdir les jambes sur un bon tempo et de souligner à l’intention des sceptiques les solides compátences straight ahead du saxophoniste. Ce dernier renchárit avec Kids aux allures colemaniennes (tendance Ornette), prátexte à un chase hors d’haleine pour saxophone, trompette et batterie. Mais un voile tissá d’humor, de tendresse et de nostalgie recouvre le tout, assurant la cohárence de cet univers où les toiles d’araignáe ont l’apparance de la soie et de l’argent. On est moins convaincu par le titre fiinal et ápomype, le plus long (près de douze minutes) où Bearzatti enchaîne une prometteuse “partita” pour saxophone solo à un numáro de techno-jazz interminable et ringard, comme s’il manquait au trio la distance et la fantaisie dont il a fait preuve sur les quarante-quatre minutes prácádentes.
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